Impossible de s’en douter en croisant un homme au chignon parfaitement tiré : derrière ce style devenu quasi iconique, la réalité capillaire est parfois plus fragile qu’il n’y paraît.
Les salons de coiffure, eux, se veulent prudents. Beaucoup déconseillent franchement de s’aventurer vers le chignon masculin dès les premiers signes de chute de cheveux. L’avis des dermatologues ne varie guère : attacher ses cheveux trop serré, c’est courir le risque d’accélérer la perte, surtout lorsqu’une alopécie androgénétique pointe déjà le bout de son nez. Pourtant, difficile de passer à côté du phénomène : le male bun continue de séduire, y compris chez ceux dont la densité capillaire s’amenuise. Les opinions diffèrent, le débat sur la compatibilité entre cette coupe et une calvitie débutante reste ouvert.
Calvitie naissante et man bun : entre mythe et réalité
On ne le dira jamais assez : pour plus de 60 % des hommes, la chevelure finira par s’éclaircir un jour. La calvitie naissante n’est plus une surprise, l’alopécie androgénétique avance souvent à bas bruit, sournoisement, d’abord par des golfes temporaux qui se creusent, un front qui recule. Difficile de s’y retrouver sans repère : l’échelle de Norwood-Hamilton classe ces étapes de 1 à 7, du duvet indemne à la calvitie quasi totale. Chez les femmes, l’échelle de Ludwig trace un parcours moins visible, mais pas moins déstabilisant.
Quant au man bun, impossible d’ignorer son ascension fulgurante. Chignon star chez les hipsters, les barbus ou encore sur les terrains de foot. Zlatan Ibrahimovic, Leonardo DiCaprio, Jared Leto : chacun a, à sa façon, adopté la coiffure, parfois sur une masse capillaire généreuse, parfois en jouant d’attaches stratégiques pour dissimuler certaines zones clairsemées. Mais attacher ses cheveux n’est pas un geste anodin. Certains spécialistes préviennent : tirer fort, c’est fragiliser le follicule, accélérer la perte, faire gagner du terrain à la calvitie.
Le retentissement psychologique n’est pas à négliger. Entre les regards insistants et l’image de quelques célébrités assumant le crâne nu (Bruce Willis, Dwayne Johnson), le rapport au cheveux qui tombent évolue. La parole se libère, mais la pression sociale ne s’évanouit pas pour autant. Pour beaucoup, oser le man bun face à une calvitie débutante, c’est soit faire acte de résistance, soit tenter de détourner le regard des autres. Un camouflage temporaire, qui cède vite face à l’évidence.
Adapter son style : astuces et inspirations pour porter le man bun malgré la perte de cheveux
Le man bun face à la calvitie naissante appelle à l’ingéniosité. Pour certains, il s’agit de défier la fatalité, pour d’autres de composer avec ce qui reste. La clé ? Miser sur les volumes encore présents. Les cheveux à l’arrière et sur les côtés, souvent épargnés, deviennent la base sur laquelle s’appuyer. Attacher sans forcer, garder la main légère sur l’élastique : c’est le meilleur moyen de préserver les derniers bastions de densité.
Pour renforcer cette approche, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- Adopter des produits spécialisés : shampoings anti-chute, sprays épaississants, compléments alimentaires type gummies fortifiantes, chacun y va de sa routine pour soutenir la fibre capillaire.
- Envisager des traitements médicaux : le Minoxidil ou le Finastéride, prescrits sous contrôle médical, demandent assiduité et patience, sans promesse de miracle.
- Essayer des alternatives naturelles : huiles, sérums, massages du cuir chevelu, pour ceux qui préfèrent une approche plus douce tout en gardant les pieds sur terre.
À mesure que les solutions évoluent, la greffe de cheveux séduit de plus en plus. FUE, DHI, FUT : les techniques se multiplient. Certains traversent les frontières pour une opération à prix réduit en Turquie, d’autres restent fidèles à leurs cliniques hexagonales. L’essentiel reste la densité de la zone donneuse. En complément, le PRP (injections de plasma) ou la luminothérapie peuvent, selon les spécialistes, stimuler la pousse ou ralentir la chute.
Le coiffeur, pilier discret mais précieux, sait adapter la coupe, repositionner le chignon, conseiller une attache plus douce. Pour certains, la meilleure option reste d’assumer pleinement, quitte à raser court comme le fait Jolan. D’autres, à l’image d’Ali ou Adalbert, alternent entre camouflage, soins et essais capillaires. En fin de compte, le man bun dépasse le simple effet de mode : il devient un choix affirmé, parfois un acte de résistance, toujours une histoire personnelle à raconter.
La calvitie change le rapport à soi, mais n’éteint pas la créativité. Tant qu’il restera quelques mèches à attacher, certains continueront d’inventer leur propre style, quitte à bousculer les codes, ou à les redéfinir.


